Série Terminée – 3 saisons
Penny Dreadful, c’est un peu cette série historique qui traînait dans ma watchlist depuis longtemps, sans que je me décide vraiment à la lancer. Je galérais un peu à trouver les premiers épisodes en VO, mais une fois que j’ai enfin pu m’y mettre… je me suis laissée happer bien plus vite que prévu. Elle est maintenant disponible sur Netflix. Le début de la saison 1 est un peu lent, voire hésitant, mais très vite le scénario se met en place et on se retrouve plongé dans un univers dense, fascinant, et surtout porté par un casting d’une justesse impressionnante.
Ce que j’ai adoré, c’est cette idée absolument géniale d’assembler des personnages littéraires que l’on connaît tous : Dracula, Dorian Gray, Frankenstein et bien d’autres — mais sans jamais tomber dans la facilité. Ici, ils ne sont pas simplement là pour faire plaisir aux fans : ils sont réinventés, réappropriés, et surtout profondément intégrés à une intrigue originale, sombre et tortueuse. On redécouvre ces figures sous un autre angle, plus intime, plus brutal aussi, et j’ai trouvé ça extrêmement réussi. Chaque apparition devient presque un petit frisson, un clin d’œil intelligent pour les amateurs de littérature… et clairement, j’en fais partie.

Je ne pensais pas non plus que l’atmosphère de Penny Dreadful allait autant me plaire. On est dans un registre très marqué : gothique, horrifique, parfois même dérangeant. Certaines scènes sont dures, presque malsaines, mais toujours justifiées par l’histoire et l’univers. Et contre toute attente, j’ai totalement adhéré. Il y a quelque chose d’hypnotisant dans cette noirceur, dans cette manière de plonger dans les zones les plus sombres de l’âme humaine.
L’Angleterre victorienne est d’ailleurs superbement représentée. On ressent chaque contraste : le faste des salons, la richesse apparente, mais aussi la misère, les ruelles sombres, les bas-fonds, les lieux de débauche… Tout cohabite dans une ambiance presque étouffante, mais terriblement immersive. On a vraiment cette impression de voyager dans un Londres à la fois fascinant et dangereux, où chaque coin de rue peut cacher quelque chose d’inquiétant.
Visuellement, Penny Dreadful est une vraie réussite. Chaque plan est travaillé, presque pictural. On est souvent face à de véritables tableaux vivants, beaux mais troublants, qui renforcent encore cette atmosphère unique. Il y a un vrai sens du détail, une esthétique très forte qui donne à la série une identité à part entière.

Et puis il y a les acteurs…
Eva Green, déjà, qui est tout simplement magistrale. Son interprétation de Vanessa Ives est d’une intensité incroyable. Elle incarne à la perfection cette femme à la fois puissante, tourmentée, vulnérable et profondément habitée. Elle porte la série avec une présence magnétique, presque envoûtante, et chacune de ses scènes est un moment fort. C’est clairement le cœur battant de la série.
Son duo avec Josh Hartnett fonctionne extrêmement bien. Il apporte une certaine retenue, une humanité touchante, qui contraste avec la noirceur ambiante. Leur relation est complexe, pleine de non-dits, et j’ai beaucoup aimé cette dynamique. Et puis quel plaisir de retrouver Reeve Carney, encore jeune ici, que j’ai eu la chance d’applaudir sur scène dans Hadestown. Il apporte quelque chose de très singulier à son personnage, à la fois dérangeant et fascinant.

Penny Dreadful
Plus globalement, toute la galerie de personnages de Penny Dreadful est marquante. Aucun n’est vraiment lisse, aucun n’est totalement bon ou mauvais. Chacun porte ses failles, ses démons, ses contradictions… et c’est ce qui rend l’ensemble aussi captivant.
Enfin, la fin m’a vraiment surprise, ce qui est assez rare chez moi. Sans spoiler, je dirais que la série s’achève avec cohérence et émotion, sans chercher à en faire trop. Il y a un vrai respect de l’histoire, des personnages, et ça fait du bien.
Penny Dreadful a été une très belle surprise. Je ne pensais pas adhérer à un univers aussi sombre, et pourtant, j’en ressors totalement convaincue. Si vous aimez les ambiances gothiques, les récits mêlant fantastique et littérature, et les personnages profondément humains malgré leurs parts d’ombre… cette série mérite clairement le détour.
