L'envers du décor
Livres,  Auto-Édités

L’Envers du décor : Chroniques (un peu chaotiques) d’une romancière (un peu bordélique) – Aurélie Depraz

« C’est l’heure de la grande révision des 100 000. Contrôle des pneus (pieds secs à souhait, version vieux pecorino en copeaux), niveaux (d’huile surtout ; la matière grasse s’emballe), suspensions (j’ai le genou gauche qui couine), batterie (à plat), la totale. »

Auteur : Aurélie Depraz

Editions : Autoédition

Depuis dix ans, Juliette Kervanec, trente-sept ans, écrit des comédies romantiques. Mais comment continuer à faire rêver votre public d’amour et d’eau fraîche quand, dans votre propre vie, tout part à vau-l’eau ?

Flanquée de JP, Caro, Suzie, Lola et leur flopée de déboires amoureux, Juliette tente de remonter la pente… et de remettre, si possible, un chouïa d’ordre et de bon sens dans son existence quelque peu chaotique.

Sans fard, sans filtre, délicieusement sarcastique, elle nous entraîne dans les coulisses de la vie d’autrice et nous révèle l’envers (pas si glamour) du décor… pour notre plus grand plaisir !

Entre autodérision et légèreté, premières rides et amitié, un roman drôle, tendre et pétillant.
ZE lecture de l’été, en mode 100% détente !

Cela fait maintenant longtemps que je suis partenaire avec Aurélie Depraz et j’ai eu l’occasion de découvrir plusieurs de ses romans au fil des années. J’ai surtout l’habitude de la retrouver dans un registre historique, que j’aime particulièrement, et L’Envers du décor représentait donc pour moi une expérience assez différente. Cette fois, changement complet d’univers et de ton : j’ai découvert sa plume sous un angle beaucoup plus contemporain, léger et surtout rempli d’humour et d’autodérision.

Et je dois avouer que ce n’était pas forcément gagné ! Je ne suis généralement pas une grande amatrice des romans qui reposent beaucoup sur l’humour. C’est quelque chose de très personnel, mais j’ai parfois du mal à adhérer au ton ou à entrer complètement dans ce type de récit. Pourtant, ici, j’ai trouvé l’ensemble plutôt sympathique et surtout très rafraîchissant. C’est une lecture légère, sans prise de tête, dans laquelle Aurélie semble avant tout avoir eu envie de s’amuser.

Malgré son titre, L’Envers du décor ne nous plonge d’ailleurs pas vraiment dans les coulisses du métier de romancière. Juliette est bien autrice, quoique non productive mais ce n’est finalement qu’une facette parmi d’autres de son quotidien. Le véritable sujet du livre, c’est plutôt elle qui tente tant bien que mal de gérer sa vie, ses relations avec ses amis et sa famille, ses interrogations et toutes les petites catastrophes qui viennent régulièrement perturber ses bonnes résolutions.

La construction est celle d’un journal intime. On entre directement dans ses pensées, parfois même dans les différentes voix qui se disputent une place dans sa tête, et on la regarde commenter sa propre existence avec énormément d’autodérision. Elle aimerait changer certaines choses, reprendre sa vie en main, évoluer, devenir peut-être une version un peu plus organisée d’elle-même… mais entre ce qu’elle décide et ce qu’elle fait réellement, il existe souvent un léger fossé ! Difficile de ne pas penser par moments à Bridget Jones, aussi bien dans ce regard très lucide porté sur ses propres travers que dans cette façon de transformer les petits ratés du quotidien en situations amusantes.

Il ne faut donc surtout pas ouvrir ce livre en espérant trouver une intrigue traditionnelle avec un fil rouge très marqué, des rebondissements ou une importante évolution du personnage. Ce n’est clairement pas ce que le récit cherche à proposer. On suit plutôt une succession de moments de vie, de réflexions, de discussions et de situations parfois complètement banales. Et finalement, c’est justement ce quotidien qui constitue l’histoire.

Cela donne quelque chose d’assez particulier puisque le personnage souhaite constamment évoluer sans réellement y parvenir. Elle avance, bien sûr, mais pas forcément de cette manière très linéaire que l’on retrouve habituellement dans un roman. Elle essaie, se questionne, prend des décisions, revient parfois au point de départ… Bref, elle vit. Et ses relations avec ses amies et sa famille permettent aussi de découvrir différentes facettes de sa personnalité et apportent beaucoup de chaleur à l’ensemble.

Tout n’a cependant pas fonctionné de la même manière pour moi. Certains passages m’ont semblé un peu longs et quelques situations auraient probablement gagné à être davantage resserrées. L’absence de véritable intrigue peut également donner par moments l’impression que le récit piétine un peu, surtout lorsque l’on attend instinctivement qu’un événement vienne faire évoluer l’histoire. Mais une fois que l’on accepte qu’il n’y ait pas nécessairement de destination précise, le livre se laisse lire facilement.

Au final, L’Envers du décor aura surtout été pour moi l’occasion de découvrir une facette complètement différente d’une autrice dont je connais la plume depuis longtemps. Ce n’est pas nécessairement le registre vers lequel je me tourne spontanément et je reste davantage attachée à ses romans historiques, mais j’ai apprécié cette parenthèse légère, rafraîchissante et pleine d’autodérision. Une sorte de journal intime romancé, quelque part dans l’esprit de Bridget Jones, qui ne cherche finalement pas à raconter une grande histoire mais simplement les petits chaos d’une vie ordinaire. Et parfois, cela suffit largement pour passer un bon moment.


Pour en savoir plus sur l’univers d’Aurélie Depraz, n’hésitez pas à aller faire un tour sur son site :

Envie de poursuivre avec une lecture légère ?

Si vous souhaitez découvrir Aurélie Depraz dans un autre registre contemporain, retrouvez également ma chronique de Retour à Blue Valley. Et pour rester dans l’humour, l’autodérision et les personnages hauts en couleur, je vous conseille Je vais buter mon boss d’A.D. Martel, une lecture complètement décalée qui m’avait fait passer un excellent moment. Enfin, si vous préférez découvrir Aurélie Depraz dans le registre historique dans lequel j’ai l’habitude de la retrouver, direction L’Australien, dernier tome de sa saga Le Choix des sœurs Sayden.


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