Plus Sombre est la Rose
Livres,  Auto-Édités

Plus sombre est la rose – Solenne Dauriac

« Je vais devoir accepter que je ne peux pas tout contrôler dans ma vie et qu’être victime n’est pas une faiblesse. »

Auteur : Solenne Dauriac

Editions : Autoédition

Au cœur des brumes écossaises se dresse le manoir des Lacombe, une famille de Collecteurs d’Âmes qui élimine ceux qu’elle juge mauvais pour le compte d’une force mystérieuse.

Willow Lacombe grandit au sein de cette famille atypique, sans parvenir à y trouver sa place.

Mais tout bascule lorsque ses parents sont assassinés, la confrontant à l’injustice brutale de sa propre réalité.
Déterminée à les venger, Willow se lance dans une quête afin de retrouver le meurtrier et lui faire payer ses crimes.

Comme dit l’adage, plus sombre est la rose, plus piquantes sont ses épines.

Je remercie vivement Solenne pour l’envoi de son roman Plus sombre est la rose.
Dès les premiers teasings autour du livre, j’ai été très intriguée par son ambiance et son atmosphère particulière qui semblait s’en dégager. C’est d’ailleurs le gros point fort de l’intrigue ! Rien que son esthétique avait tout pour me séduire : une demeure mystérieuse, une famille hors du commun, une ambiance gothique… et je dois dire que, sur ce point, le roman a répondu à mes attentes alors que principalement, ce n’est pas vers ce genre d’œuvres que je me tourne.

Dès les premières pages, je me suis laissée porter par cet univers délicieusement étrange. Impossible de ne pas penser à Phantom Manor, La Famille Addams ou encore Beetlejuice tant l’atmosphère est omniprésente. Un côté très Tim Burton qui a su me convaincre et m’emporter, même si je pensais qu’elle aurait été plus sombre que ca. Les décors, les descriptions et cette impression permanente d’évoluer dans un monde à la frontière entre le macabre et le merveilleux m’ont énormément plu. Puis il faut dire que situer l’action et leur manoir à Edimbourg, c’était de suite la meilleure chose à faire pour me convaincre !

Le personnage de Willow est très intéressant. Son passif apporte du relief à son caractère et on comprend davantage ses réactions. De fait de la faire choisir de se venger en choisissant des hommes « mauvais » est très bon. J’ai beaucoup accroché aux membres de sa famille que je trouve attachant et tous différents dans leurs façons. La dynamique avec son frère est attendrissante. Ils sont tous attachés l’un envers l’autre avec beaucoup de bienveillance et ils sont tous à l’écoute. Les liens familiaux occupent une place centrale et j’ai aimé découvrir cette famille atypique, soudée malgré ses différences.

Les petites interventions du Suprême étaient très sympas, cela donnait du rythme, même si j’ai été plutôt surprise sur son personnage. Je m’attendais à quelqu’un d’assez sombre et diabolique, vraiment le côté démon, et ce côté très humain m’a déstabilisée. Après son histoire et son évolution reste très intéressante également.

En revanche, je ressors avec de la frustration concernant la construction du récit. Le roman alterne entre trois temporalités différentes, un choix intéressant sur le papier mais qui m’a demandé un temps d’adaptation. Certaines transitions m’ont semblé un peu abruptes et j’ai parfois eu du mal à retrouver immédiatement mes repères, surtout que la jeune Willow et l’actuelle ont les mêmes niveau réflexion et dialogues. Cela intègre aussi pas mal de personnages différents qu’il faut appréhender et je pense que ca m’a plus perdue qu’autre chose.

La romance ne pas convaincue, si le personnage d’Isaac est attachant, il était plat à mon avis, sans vraiment de personnalité propre, plutôt pour aller dans le sens de l’héroïne que vraiment agir. Surtout que lui et la romance arrivent un peu de nul part et rapidement, et j’avoue qu’au vu des thématiques abordées, je ne pensais pas qu’il y en aurait une.

C’est finalement le principal regret que je garde de cette lecture : j’aurais aimé que le roman prenne beaucoup plus son temps. Certains événements, certaines relations ou encore plusieurs révélations auraient gagné, selon moi, à être davantage développés afin de donner encore plus d’impact émotionnel à l’ensemble, et surtout leur laisser du temps.
Du temps pour murir, détailler plus, donner plus d’impact. Faire de vraies places.

Surtout que les thèmes sont assez lourds et méritaient d’être vraiment creusés pour qu’on voit l’impact que ca a dans la construction des personnages. L’intrigue se tient même si elle aurait mérité d’être plus travaillée, la fin ne surprend pas vraiment ainsi que les rebondissements. L’univers est si riche et les personnages si intrigants que j’aurais volontiers passé plusieurs centaines de pages supplémentaires à leurs côtés, surtout que l’univers des Collecteurs d’Âmes mérite clairement d’être exploité davantage.

Cela n’enlève rien aux nombreuses qualités du livre. Solenne Dauriac possède une plume immersive et une imagination fleurissante. J’ai lu le roman quasiment d’une traite, cela se lit très facilement surtout car il est court. Elle réussit à créer un univers singulier qui se démarque facilement et dont l’ambiance restera en mémoire. Mais c’est vrai que ce n’était pas entièrement ce à quoi je m’attendais.

Au final, Plus sombre est la rose est une lecture qui m’a séduite avant tout par son identité. Son atmosphère gothique, son esthétique soignée et ses personnages atypiques en font un roman original. J’aurais simplement aimé qu’il prenne davantage le temps d’explorer toutes ses belles idées, tant son potentiel m’a paru immense et qui me laisse sur ma faim. Une belle découverte qui, malgré des réserves sur son rythme et sa construction, saura séduire les amateurs d’univers aussi étranges que fascinants.



Vous aimez les univers gothiques et mystérieux ?
Retrouvez également mes chroniques d’A Discovery of Witches, de Young Sherlock ou encore de The Serpent Queen. Des œuvres qui, chacune à leur manière, mêlent mystère, personnages marquants et décors envoûtants.


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