« Ici, aimer est dangereux, presque interdit. Aimer, c’est s’exposer aux autres, accepter de recevoir des coups. »
Auteur : Caroline Mertz
Editions : Autoédition
Résumé :
Elle soigne pour ne pas sombrer. Il vole pour résister.
À Auschwitz, leur amour pourrait les tuer.
Après avoir caché et protégé une enfant juive à Paris, Charlotte se voit déportée dans l’un des pires endroits sur Terre : Auschwitz-Birkenau. Malgré le travail forcé, la famine, la maladie et les violences quotidiennes, elle garde la tête haute. Infirmière au cœur de l’horreur, elle s’accroche à l’idée de sauver ceux qui peuvent l’être.
Parmi ses patients, elle découvre cette force de la nature… Jan, un juif polonais, résistant de la première heure, cet homme aux multiples secrets, un voleur rusé dans les couloirs de la mort.
Dans ce lieu de souffrances, un délicat amour éclot, aussi fragile que vital ; une once d’espoir. À mesure que les menaces grandissent, une seule issue devient possible : fuir ensemble.
Peut-on vraiment s’échapper d’un camp de concentration ? Et s’aimer quand chaque regard risque de vous condamner ?
Et si le plus bel acte de résistance était de s’aimer ?
Même au cœur de l’enfer, une étincelle d’amour interdit peut défier les flammes.
Mon Avis :
Je remercie vivement Caroline pour l’envoi de ce roman dans le cadre de notre partenariat.
Si je n’étais pas très friande des romans durant la seconde guerre mondiale, sa plume m’a réconciliée avec cette période, m’offrant à chaque fois des histoires prenantes et intenses. Au delà de la simple lecture, on a un vrai travail de mémoire et de souvenir qui s’applique à chacun de ses intrigues.
Un peu différente, je savais que celle-ci allait être intense et dur, une plongée sans filtre mais incroyablement humaine dans l’horreur d’Auschwitz-Birkenau, comme j’avais pu la découvrir en images dans la série le tatoueur d’Auschwitz et qui m’avait profondément touchée. Une balance incroyable entre horreur et lumière, mise en mots par Caroline d’une main de maître.
L’histoire commence à Paris, en juillet 1942, avec Charlotte, jeune française infirmière qui vit et travaille à Paris dans un hôpital. Suite à différents événements qui s’enchaînent, elle cache Lorette, 5 ans, une enfant juive dont ses parents ont été arrêtés devant ses yeux. On suit sa déportation… jusqu’à l’arrivée et l’enfermement à Auschwitz-Birkenau.
L’enfer devient réel, on sent les odeurs, les corps, le froid mordant, la famine, la peur. On y voit la réalité, la cruauté en face, tellement sans filtre qu’on en frissonne, qu’on en a la nausée, comme s’ils apparaissaient devant nos yeux. Entre chambres à gaz, viols, et j’en passe, ca nous prend à la gorge. On en est dégoûtés de ce traitement inhumain qu’ils subissent.
Caroline mène son récit avec une plume qui ne fait pas de compromis : on souffre, mais on respire aussi. On croit à l’amour, à l’amitié, à l’humanité quand tout est fait pour les anéantir. On voit cette petite fleur d’espoir qui commence à pousser dans ce sol totalement ravagé par la cruauté humaine. Et quelle force de voir, parmi cette horreur, naître des gestes de bonté, des alliances fragiles mais véritables. Des liens se former, des caractères émerger.
Jan, juif polonais, résistant, voleur de l’ombre, devient ce soutien pour Charlotte et pour d’autres, prenant des risques à chaque instant pour les aider et les maintenir en vie. Et il est cet espoir de renouveau pour nous aussi. C’est atroce mais ce n’est pas entièrement désespéré. La lumière est faible, fragile, mais elle est là. Et on ressent tout au long du récit des émotions différentes et assez intenses. Mais toujours justes. Surtout avec ce panel impressionnant de femmes fortes et inspirantes. Charlotte s’est endurcie suite à son métier mais pas à ce point… mais malgré tout elle reste ouverte aux autres et essaie de les aider.
Ce qui m’a également impressionnée, c’est le travail de documentation, le soin apporté à l’époque, au lieu, à la condition humaine. Chaque page fait preuve d’une immersion totale. Cette dualité constante, entre la brutalité extrême et l’espoir sous-jacent fait toute la profondeur du livre et la force de son intrigue. Mais aussi la balance entre la véracité des faits, du respect de la toile historique et la fiction de la romance. Caroline connaît cette période et la respecte.
Bien sûr, ce n’est pas une lecture légère. Ce n’est pas que pour se distraire. J’ai eu les larmes aux yeux, le cœur serré, et quelques fois, la respiration retenue, la gorge nouée par appréhension. Mais à côté, il y a cette gratitude : que cette histoire soit racontée, que ces voix ne soient pas oubliées, que cet acte silencieux de résistance par l’amour, la dignité, l’entraide soit mis en lumière.
L’Infirmière et le Voleur d’Auschwitz est un roman d’une intensité rare. Il bouscule, il émeut mais surtout il instruit. Il est à la fois hommage et miroir : hommage aux victimes et aux résistants, miroir de ce que l’humanité peut être : bonne ou mauvaise, dans les pires moments. Si vous êtes prêts à cette lecture difficile, mais indispensable, allez-y. Vous en sortirez transformés, et je ne peux que la conseiller, comme tous les écrits de Caroline. Merci.

Je pense que c’est typiquement le genre de roman qui me ferait aimer l’Histoire, alors je note absolument ❤️
Oh oui c’est meme sur !
On sent à quel point cette lecture t’a fait vivre d’intenses émotions. Le fait qu’il y ait un sérieux travail de documentation doit rendre la lecture encore plus forte.
Ah oui clairement. On sait déjà que sur cette période et ce lieu c’est dur mais là oui tres touchant
Wow, ça a l’air assez intense au niveau des émotions (rien que le contexte historique, pour commencer). Je pense que ça pourrait me plaire mais pas dans l’immédiat. Merci pour la découverte !
Déjà oui la période + lieu forcément on sait qu’on va prendre cher. Avec plaisir 🙂