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« Je le reconnaîtrais rien qu’au toucher, ou à son odeur, je le reconnaîtrais si j’étais aveugle, aux seuls bruits de sa respiration et de ses pas martelant le sol. Je le reconnaîtrais dans la mort, à la fin du monde. »

Auteur : Madeline Miller

Editions : Pocket

Résumé :

Patrocle, jeune prince maladroit, est exilé à la cour du roi Pelée.
Il y rencontre Achille, son exact contraire, doué pour tout ce qu’il entreprend. Malgré leurs différences, les deux jeunes hommes deviennent inséparables.

Quand débute la guerre de Troie, Achille part combattre.
Tiraillé entre son amour pour son ami et la peur du danger, Patrocle décide de l’accompagner.

La violence des hommes et des dieux transformera leur histoire en drame.

Mon Avis :

Ca y est je l’ai ENFIN lu !
Après l’avoir vu pas mal de fois sur les stories Instagram, le petit groupe de lecture que nous avons décidé de former avec des amies s’est vu choisir le roman comme première lecture commune… et quelle lecture !

J’aime depuis assez longtemps maintenant toutes les histoires reliées à la Grèce Antique, aux Dieux et autres mythes. Les tragédies et autres grandes épopées qui ont le don de nous garder en haleine et nous faire passer par mille émotions. Ca a été le cas ici. On sent clairement que l’auteure maîtrise son sujet, elle a d’ailleurs été prof de latin et de grec. Elle nous fait redécouvrir ici l’Histoire d’Achille mais vue par Patrocle.
Pour ma part, je ne connais Achille que par l’interprétation de Brad Pitt dans Troie donc forcément…

L’écriture est simple et efficace, on entre rapidement dans le récit par la vision de Patrocle qu’on suit dès son enfance. C’est très intelligent car Patrocle est touchant, maladroit, humain.. on s’y identifie très rapidement. Cela nous emmène au plus proche des personnages, nous apprenant au passage leur apprentissage, leur rencontre, leur évolution,… car Achille a beau être un héros, il a été un enfant comme les autres, un ado aussi et c’était une belle idée de l’humaniser ainsi, de voir l’humain derrière le héros.
Surtout qu’on ne cesse de nous répéter qu’Achille est un demi-dieu, qu’il a une destinée et que rien ne doit l’en dévier. Mais il sera là à le suivre à chaque étape.
Cette première partie de roman traite essentiellement de leur adolescence. On les voit grandir paisiblement, découvrir la vie, partir en apprentissage chez Chiron. Ce n’est pas mouvementé, cela met surtout en place leur relation particulière et immuable.

En grandissant, notre duo découvre l’Amour dans tous les sens du terme, et on voit bien que les femmes n’ont pas leur préférence. Il se crée entre eux un lien fort, indestructible qui serre notre coeur tout au long de notre lecture… car malgré le fait qu’on ne connaisse pas trop la vie d’Achille on connaît malheureusement comment il a terminé… et comment risque de se terminer leur histoire à tous les deux. Ces deux âmes sœurs se sont bien trouvés car ils sont très complémentaires, complices. Ils sont destinés à être ensemble.

La deuxième partie du roman centrée sur le départ d’Achille et Patrocle pour la Guerre de Troie est beaucoup plus mouvementée. On entre dans le vif du sujet, la réalisation de la prophétie sans cesse répétée par Thétis, sa mère.
Elle est d’ailleurs plus complexe car on intègre énormément de nouveaux personnages, et on a le droit a beaucoup de tactiques militaires des différents chefs présents. Les combats décrits dans le roman sont tout simplement épiques, digne de grands films tant ils sont détaillés, précis, magnifiques. On y intègre dieux et déesses au passage. On y comprend rapidement l’évolution d’Achille de demi-dieu à héros. Il y brille par ses exploits mais aussi par sa blondeur visible au loin, il est devenu une machine de guerre. La guerre le fait devenir guerrier, combattant… mais l’éloigne de plus en plus de son humanité.

La fin du roman nous apporte des émotions assez contraires qui nous font mal au coeur. Patrocle finit par nous quitter à cause de l’orgueil d’Achille, gonflé par ses victoires nombreuses, ne veut pas ni se soumettre aux autres ni avouer qu’il peut avoir tort.
Patrocle prendra sa place et finira par se faire tuer… ce qui aura aussi permis de déclencher quelque chose chez Achille. Malgré le déni qu’il affiche, il va vouloir le venger et va entrer dans une rage folle. Cela va être un tournant à cette guerre sans fin, qui est ici bien accélérée pour le roman mais aussi un accélérateur à sa propre fin.
Nous suivons le reste du récit d’un point de vue plus extérieur que le reste du roman vu que Patrocle est mort, mais que son âme demeure coincée…

J’ai beaucoup apprécié cette lecture. Redécouvrir un pan de l’histoire ainsi que ses personnages. J’ai beaucoup apprécié d’autres personnages mis en avant ici qui sont souvent mal traités voir pas du tout. Chiron, Pyrrhus,… qui sont importants dans leurs évolutions, qu’on peut adorer ou détester d’ailleurs. Thétis, que j’aurais détesté tout du long, mais qui m’aura fait sourire à la fin.
Je me suis beaucoup identifiée à Briséis également, pleine de courage, de force ! Puis c’est quand même elle qui entame la colère d’Achille et son refus de combattre….
La fin m’aura laissé un goût doux amer… la tristesse de les quitter, mais le bonheur de les savoir réunis dans leur autre vie.
Je me ferais un plaisir de le relire, et ca m’a rendue curieuse concernant Circé. A lire prochainement donc !

 

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