A Woman of Substance
Séries,  Historiques,  Royaume Uni

A Woman of Substance : une saga familiale entre pouvoir et vengeance

Saison 1 Terminée / Saison 2 A Venir


Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en commençant A Woman of Substance dont j’avais entendu parler sur Internet et j’ai finalement été complètement embarquée par cette grande saga familiale, un mélange entre Downton Abbey et Dallas, adapté du roman de Barbara Taylor Bradford. On retrouve tout ce que j’aime dans les séries historiques, avec les différences de classes, la condition des femmes et une reconstitution particulièrement soignée, mais avec une bonne dose de drama en plus ! Trahisons, sexe, mariages, argent, rapports de pouvoir et secrets de famille prennent rapidement beaucoup plus de place que je ne l’imaginais. La série est disponible sur Prime mais pas encore chez nous.

Et autant dire que la famille Fairley y est pour beaucoup. Plus les épisodes d’A Woman of Substance avancent, plus on découvre des relations malsaines et une manière de fonctionner qui les rend profondément détestables. Au départ, j’avais parfois du mal à comprendre pourquoi Emma entretenait un tel besoin de vengeance, sans jamais vraiment parvenir à tourner la page. Puis on découvre progressivement tout ce qu’elle a subi et cette revanche sociale prend un tout autre sens. Il y a finalement beaucoup plus de noirceur dans le récit que ce que les premiers épisodes pouvaient laisser penser. Plus on en apprend, plus c’est glaçant je trouve.

A Woman of Substance


J’ai particulièrement aimé Emma dans sa jeunesse. Jessica Reynolds, que j’avais découverte dans Outlander, est excellente et apporte énormément de caractère au personnage. Emma refuse la place que son époque et sa condition sociale voudraient lui imposer, elle ose, travaille et se bat pour obtenir ce qu’elle veut dans une société où être une femme constitue déjà un immense obstacle. Mais c’est aussi ce qui rend le personnage aussi intéressant : elle n’est jamais complètement idéalisée. Elle est prête à faire énormément de sacrifices pour atteindre ses objectifs, jusqu’à accepter un mariage d’alliance plutôt qu’un mariage d’amour, tout en aimant un homme avec lequel elle ne peut pas réellement construire sa vie.

Le casting d’A Woman of Substance dans son ensemble est d’ailleurs impressionnant, j’y retrouve Emmett Scanlan et Toby Regbo et j’ai eu un énorme coup de cœur pour Mac, interprété par Niall Wright. C’est probablement l’un des personnages qui m’a le plus touchée et certaines de ses scènes m’ont vraiment serré le cœur. À travers lui notamment, la série rappelle régulièrement que derrière les ambitions d’Emma et tous ces rapports de pouvoir se cachent aussi des personnages qui paient parfois très cher les décisions des autres.

A Woman of Substance


Impossible également de ne pas parler des décors, qui participent énormément à mon coup de cœur pour la série. J’ai été impressionnée par le choix des lieux de tournage pour A Woman of Substance, d’autant qu’ils ont une véritable importance dans l’intrigue et permettent de matérialiser les différences de classes sociales qui sont au cœur du récit. Les grandes demeures des Fairley contrastent avec les environnements beaucoup plus modestes dans lesquels évolue Emma au début de son histoire, et accompagnent parfaitement son ascension au fil des épisodes.

Mais ce sont surtout les paysages du Yorkshire qui m’ont émerveillée. Les landes, les vallées, les villages et cette campagne parfois immense et sauvage sont absolument superbes à l’écran. La réalisation prend heureusement le temps de les mettre en valeur et cela donne à la série une identité visuelle très forte. J’avais parfois simplement envie de mettre l’histoire sur pause pour profiter du paysage ! C’est exactement le genre de série historique qui me donne immédiatement envie de voyager pour aller découvrir ses lieux de tournage. Ils ont utilisés Broughton Hall pour la maison Fairlay, Beamish Museum pour la petite ville où Emma s’établit ou encore Liverpool pour New York entre autres.

A Woman of Substance


La double temporalité fonctionne plutôt bien pour comprendre progressivement comment la jeune Emma est devenue cette imposante matriarche, même si j’ai été beaucoup moins convaincue par les passages situés dans les années 1970. Pendant une bonne partie de la saison, ils m’ont semblé assez artificiels et surtout beaucoup moins exploités, comme si l’intrigue y avançait à peine. Cela change heureusement dans les derniers épisodes et Brenda Blethyn est impressionnante. Sa version d’Emma est beaucoup plus froide et imposante, mais on retrouve parfaitement derrière cette dureté la jeune femme que nous avons suivie pendant toute la saison.

Et c’est finalement ce parallèle qui m’a le plus marquée. Emma passe sa jeunesse à tenter d’échapper au pouvoir d’une riche famille qui décide du destin des autres grâce à son nom et à son argent… pour devenir elle-même, des décennies plus tard, la matriarche toute-puissante d’une dynastie. Sauf qu’après tous ses sacrifices et tout ce qu’elle a construit, elle se retrouve confrontée à la trahison de ses propres enfants et presque sans personne sur qui réellement compter. J’ai trouvé cela terriblement triste. Elle a obtenu le pouvoir, l’argent et la liberté qu’on voulait lui refuser, mais à quel prix ?

A Woman of Substance


Et cette fin ! Je ne m’attendais absolument pas à ce que la saison de A Woman of Substance nous laisse ainsi et j’en suis ressortie terriblement frustrée mais surtout très surprise. Elle change complètement la perception de certains personnages et donne surtout très envie de découvrir immédiatement la suite. Derrière son apparence de grande fresque historique, A Woman of Substance se révèle donc être une saga familiale beaucoup plus sombre et sulfureuse que prévu, portée par une héroïne fascinante et profondément ambivalente. Une belle surprise dont j’espère une suite, vu la saga de romans d’origine !


Vous aimez les grandes sagas familiales et historiques ?
Retrouvez également mes chroniques de Downton Abbey, Belgravia et The Gilded Age, où ambitions, différences de classes et secrets de famille occupent eux aussi une place centrale. Et pour rester au cœur des paysages britanniques et des grandes histoires d’amour, vous pouvez également découvrir mes avis sur Outlander et The Buccaneers.


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