VF Une Vie / Vu en streaming le 28 mai 2024
Depuis sa sortie au cinéma, ce film patientait sagement dans ma watchlist, attendant le bon moment pour être visionné. Je connaissais vaguement l’histoire de Sir Nicholas Winton, mais je dois avouer que ma curiosité a été piquée en tombant par hasard, sur un extrait de cette fameuse émission télé… celui que beaucoup ont découvert un sur TikTok. Ce moment bouleversant, où il réalise qu’il est entouré des enfants qu’il a sauvés. Impossible de ne pas être touché. Alors forcément, quand j’ai appris qu’un film allait lui être consacré, j’étais plus qu’enthousiaste à l’idée d’en découvrir plus.
Côté casting, on est clairement sur du très haut niveau. Anthony Hopkins incarne un Nicholas Winton âgé, touchant, pudique, bouleversant même dans ses silences. Johnny Flynn, qui lui donne vie dans sa jeunesse, est tout aussi juste et que j’ai adoré retrouver ici. À leurs côtés, d’autres superbes acteurs comme Helena Bonham Carter, Jonathan Pryce, Romola Garai… un vrai régal pour les amateurs de jeu subtil.

Le film nous emmène entre l’Angleterre et la Tchécoslovaquie, plus précisément Prague, à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. La ville est encore debout mais déjà sous tension, rongée de l’intérieur par la montée du nazisme. C’est dans ce contexte étouffant que Nicholas, jeune agent de change britannique, découvre l’ampleur de la détresse des réfugiés juifs. Notamment celle des enfants, que leurs familles cherchent désespérément à mettre à l’abri.
Ce qui suit est un récit bouleversant d’engagement et de courage. Avec l’aide de quelques personnes de confiance, il organise un véritable réseau pour faire venir ces enfants au Royaume-Uni, leur trouver des familles d’accueil, des visas, des moyens de transport. Une course contre la montre, rendue encore plus éprouvante par les lenteurs administratives et l’indifférence de certains gouvernements. À la veille de la guerre, ce sont 669 enfants qui parviennent à quitter le pays. 669 vies sauvées. Et pourtant, cela ne suffira jamais pour Nicholas, hanté toute sa vie par ceux qu’il n’a pas pu sauver…
Ce film, c’est un mélange de pudeur anglaise et d’émotions brutes. Il n’en fait jamais trop, et c’est ce qui le rend si puissant. On ressent chaque regard, chaque hésitation, chaque geste d’humanité comme un coup au cœur. Les différents flashbacks sont parfaitement dosés, construisant peu à peu cette figure de héros discret, qui n’a jamais cherché la reconnaissance.

Et puis il y a cette fameuse scène, oui. Celle de l’émission télé où tout bascule. Même en la connaissant, je n’ai pas pu retenir quelques larmes… Voir cet homme, si humble, se rendre compte de l’ampleur de ce qu’il a accompli… c’est tout simplement bouleversant. Il aura été décoré par Elizabeth II et aura vécu 106 ans…
Une vie, c’est un film d’une grande pudeur, qui met en lumière un pan de l’Histoire souvent ignoré, et surtout un homme d’une humanité rare. Un film à voir, à faire découvrir, à garder en mémoire. Parce qu’au fond, il nous rappelle qu’une seule vie peut en sauver des centaines.
