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Spectacle – Bô, le voyage musical
25 Mars 2018 – 17h
Le 13ème art

« Le voyageur est celui qui se donne le temps de la rencontre et de l’échange »
Frédéric Lecloux

 

Il n’y a d’aussi beau voyage que quand on ne s’y attend pas. Et c’est ce qui s’est passé aussi. Je n’avais volontairement rien vu du spectacle. Rien lu, écouté, je ne connaissais que certains artistes, et j’y allais sans aucune attente. Et j’y allais avec mon amie, ma Marion à Roulettes. 

Je suis restée attentive durant les 1h20 que dure le spectacle.. j’ai été chamboulée devant tant de beauté. Ici s’enchaîne différents tableaux aux décors simples mais efficaces.
Pas de fil conducteur si ce n’est l’envie de mettre en avant des thèmes universels, tels que l’homophobie, le harcèlement scolaire, les migrants ou la guerre, et de mettre en premier plan l’humain.
On nous présente quelques histoires, on nous donne les grandes lignes et c’est à nous d’en découvrir les secrets et de l’interpréter tel qu’on le ressent, tel qu’on le voit. Car ici, nul doute, on joue sur notre coeur, nos émotions… et tous nos sens sont à l’éveil.
Bravo & Merci à Giuliano Peparini pour ce voyage fantastique dont il est le metteur en scène et l’auteur. Un plaisir de le retrouver après la Légende du Roi Arthur, et 1789, les amants de la Bastille.

Nous avons le droit à une bande son en live avec des musiciens de talent et sous la lumière, des fois simple spectatrice, ou violoniste et même chanteuse, Catherine Lara, qui apporte ici une dimension poétique à ce qui se déroule sous nos yeux et qui fait entendre sa « voix ». On repère de suite la plume d’Mc Solaar qui fait merveille avec les textes ajoutés au cours du spectacle.
Par ailleurs, notre « maître de cérémonie » Sinan Bertrand m’a touchée par sa sensibilité. Sa voix fait merveille à chaque tableau.

Et que dire des artistes sur scène ? Mon dieu, mon coeur a battu si fort tout au long de la représentation ! Je n’arrêtais pas de penser « oh c’est mon préféré » « ah non c’est celui ci ! » que j’ai fini par tous les aimer tellement les tableaux sont fluides. Tous les artistes ont leur passage seul sur scène, et ils rencontrent chacun des autres artistes au fil des histoires. Un danse, les autres regardent, et entre dans l’histoire ou pas. Chacun participe. On aura ici des duos, des trios, ou même des groupes qu’on ne retrouve nul part, et qu’on ne verra peut être jamais plus.

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Photo d’Eric Bongrand

J’ai quand même pu choisir mes moments préférés : le passage en solo de Brahem Aiache. Qui me rappelle à chaque fois à quel point il a du talent, et comment il a pu faire de son handicap une force unique. Que ce soit avec ou sans béquilles, il arrive à faire des choses incroyables, et je reste admirative.
J’ai adoré le tableau qui traite de l’amour. Toute la partie avec en point central Gabriele Beddoni m’a énormément touchée, captivée et avoir pu voir son talent sur scène m’a impressionnée. Ou même l’incroyable duo d’Olivier Mathieu, d’habitude si drôle et qui ici contraste énormément et Aurore Mettray est hallucinant !
Je tenais également à parler du numéro de slackline par Louis Boniface. Tellement près de nous qu’on en a le souffle coupé, et qu’on a peur de le voir chuter. C’est un moment de haute voltige qui a été absolument bien intégrée au reste du spectacle. Chapeau !
Même du mât chinois a été ajouté ! (Théo Legros-Lefeuvre).

Quoique j’ai pu en dire, chaque danseur, artiste de ce spectacle m’a touchée à sa façon. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, et j’ai aimé ce gigantesque melting pot qui fait la signature de ce spectacle unique. On leur laisse le moyen de s’exprimer à leur façon sur les mêmes sujets.
C’est sensible, touchant, captivant. On ne peut qu’adhérer à cette forme de poésie. Car c’est dans la sensibilité qu’on atteint le magnifique…

« Les détails font la perfection, et la perfection n’est pas un détail »
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